Centre médical
dédié au soin de la dyslexie et des troubles posturaux

Réflexion sur la prise en charge des troubles « dys »


Par Claude Cohen

 

Dans un remarquable éditorial daté du 24 mai 2009 sur le site d’APEDYS, le Dr. Michel HABIB, Neurologue et Président du réseau de soins Résodys, dresse un bilan pertinent sur les dispositifs de soins, 8 ans après la sortie du rapport de Jean-Charles RINGARD, Inspecteur d’Académie.

Nous en proposons une synthèse :

  1. Les centres référents connaissent toujours des files d’attente excessives ;
  2. Il subsiste une grande variété dans les formations et partant, dans les approches des différents centres et CHU, ce qui remet en cause l’accès égalitaire aux soins ;
  3. Quelques réseaux de santé régionaux sont venus compléter les dispositifs publics, mais leur coût de fonctionnement élevé exclus un déploiement national. Les actes de psychomotricité, pour ne citer qu’eux, couteraient plus de 1 000€ par enfant ;
  4. Les troubles « dys » sont très hétérogènes et requièrent une approche pluridisciplinaire. Or les actions de concertation entre les différents thérapeutes reposent sur le bénévolat, démarche qui atteint vite sa limite ;

Le Dr. HABIB suggère les pistes suivantes afin de parvenir à une utilisation plus rationnelle des dispositifs existants :

  1. Les centres référents devraient se concentrer sur la formation des praticiens, dont les libéraux de proximité et leur déléguer les diagnostics et la prise en charge ;
  2. Les praticiens en CHU doivent se focaliser sur la recherche ;
  3. Les professionnels de santé en exercice libéral doivent s’organiser en réseaux de soins sous le contrôle des centres référents.

Si on ne peut qu’approuver le diagnostic porté, on peut s’interroger sur les obstacles que rencontrerait le déploiement d’un tel dispositif au plan national, tant le fossé entre médecine hospitalière et de ville, recherche fondamentale et clinique, reste important.

Une prise en charge nationale devra également poser sereinement la question du coût pour la collectivité et donc opérer des choix, fussent-ils délicats. Le Dr. HABIB en est d’ailleurs bien conscient, qui a publié en toute transparence dans son rapport d’activité 2008, l’évaluation du réseau Résodys par un cabinet externe.

Enfin, si nous semblons émettre quelques réserves, c’est de manière confraternelle et, nous l’espérons, constructive. Nous partageons le même diagnostic que le Dr. HABIB sur la difficulté de la prise en charge de syndromes aussi polymorphes que les troubles complexes d’apprentissage. Même si nos moyens et notre approche thérapeutique diffèrent, nos objectifs sont identiques : nous sommes engagés dans le même combat et voyons les mêmes patients « dys » au quotidien. Nous sommes donc convaincus par les partenariats public-privé pour le bien même des enfants dyslexiques.

Ce dossier comporte 4 parties à suivre…

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