Notre série d’article se poursuit (vous pouvez retrouver les volets 1, 2 ou 3 publiés durant l’été).
Comme nous l’avons écrit précédemment, la mise en place d’un dispositif national de soins ne saurait échapper à une discussion sereine sur ses coûts de fonctionnement.
Le Dr HABIB est bien conscient de la tension existant entre l’égalité d’accès aux soins et le nécessaire contrôle des coûts pour la collectivité. Ces arbitrages de nature politique dépassent de loin le propos de cet article, surtout dans une période où l’État semble vouloir « rationnaliser » ses dépenses de santé.
À l’échelle de la région (PACA), Résodys s’est d’ailleurs livré à cet exercice avec une grande franchise, en publiant sur son site internet le rapport d’évaluation externe destiné aux tutelles.
Pour rappel, le coût du réseau repose pour 50% sur le financement des équipes opérationnelles, des moyens mis à disposition, et pour autres 50% sur la prise en charge dérogatoire d’actes non remboursés par l’Assurance maladie (psychomotriciens, neuropsychologues…)
Ce rapport a, semble-il, déclenché une polémique entre ses auteurs et les équipes de Résodys qu’il ne nous appartient pas de commenter. Nous avons, entre autre, noté la lancinante question des coûts ramenés au nombre de patients pris en charge.
A cet égard, retenons une prise en charge effective de 200 enfants en 2008 ramenés à un budget global de 380 000€, soit un coût d’environ 1 900 € par patient par an selon le mode de calcul retenu.
Il ne s’agit naturellement pas de transposer mécaniquement ce chiffre à une échelle nationale, en prenant pour base la population de dyslexiques de 6 à 16 ans estimée à 500 000 enfants! Même si on bornait celle-ci aux cas les plus sévères, soit 1%, de cette même classe d’âge, le budget national serait au bas mot de 15 millions d’Euros par an, pour ne parler que des actes de bilans complexes. A ce chiffre, il convient d’ajouter la prise en charge orthophonique, soit en moyenne, 2 séances par enfant par semaine.
Est-ce beaucoup ou peu au regard du grave problème de santé publique ? Une étude économique exhaustive ne devrait-elle pas aussi inclure le coût pour la collectivité du soutien scolaire additionnel, des orientations ratées, des vies parfois brisées ?
Quoi qu’il en soit, les coûts réels de diagnostic et de prise en charge des troubles complexes du langage sont élevés et sont de moins en moins susceptibles d’être supportés par les tutelles seules. Que celles-ci transfèrent aux mutuelles et assurances privées une partie de la charge financière est probable. On peut déplorer, comme certains, le démantèlement de la Sécurité sociale, on peut, comme d’autres, se réjouir de la volonté de contrôler enfin la dérive des coûts.
Encore une fois, ce débat de société dépasse de loin le propos de cet article. Toujours est-il que les grands principes fondateurs de la Sécurité sociale seraient vidés de leur sens si la Haute Autorité de Santé ne se livrait pas à une étude exhaustive de l’efficacité des dispositifs et de leur coût pour la collectivité. Une fois ce travail effectué, il ne faudra pas en rester là, mais proposer des choix politiques, ce qui est autrement plus difficile…
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