Centre médical
dédié au soin de la dyslexie et des troubles posturaux

Quelques pistes de travail


Par Claude Cohen

 

Suite et fin de notre série d’articles sur la prise en charge des troubles dys.

Si nous semblons émettre quelques réserves sur la faisabilité d’un dispositif national intégré et homogène, au moins à court terme, nous sommes, comme le Dr HABIB, convaincus par une approche associant les CHU, les structures médico-associatives et la médecine de ville.

Prodys est un centre privé fondé par des médecins, ne bénéficiant d’aucune ressource extérieure. Il peut donc paraître naturel que nous prônions une approche « libérale » susceptible de remettre en question l’égalité d’accès aux soins.

Tel n’est pourtant pas le cas.

Nous sommes au contraire fortement demandeurs d’échanges, et de partage d’expérience avec tous les intervenants, médecins, paramédicaux, mais aussi enseignants et éducateurs spécialisés

Dans une première étape, il nous paraît indispensable de promouvoir les programmes de recherche croisée public-privé. Le statut de jeune entreprise innovante (JEI), le crédit d’impôt recherche (CIR) et les aides d’OSEO Innovation sous forme d’avances remboursables sont d’excellents moyens pour inciter la recherche clinique privée.

Les pôles de compétences (ex. Medicen en Île-de-France) fournissent également un cadre intéressant permettant de labelliser des projets collaboratifs. Il faut naturellement des critères qualifiant le programme de recherche ainsi que son suivi longitudinal.

Dans une deuxième étape, la prise en charge de certains actes dérogatoires nous semble importante. Résodys l’a obtenue des tutelles pour des réunions de concertations et pour des bilans de psychomotricité. Il nous semble qu’une fois le programme de recherche clinique établi et validé, soit par le Ministère de la recherche, soit par un pôle de compétence, l’établissement privé devrait pouvoir obtenir un quota d’actes dérogatoires annuels (bilans de neuropsychologie, examens posturaux…)

Nous sommes bien conscients de la difficulté d’une telle requête en période même de restriction budgétaire. Néanmoins, de nombreux confrères hors nomenclature ne peuvent être impliqués dans des protocoles pluridisciplinaires faute de convention.

Par-dessus tout, il faut éviter une politisation à outrance du débat. Le domaine des troubles d’apprentissage est au centre de vives controverses entre enseignants, éducateurs spécialisés, praticiens du public et du privé et paramédicaux. Chacun y va de son couplet sur la justice sociale et l’égalité des soins en prêtant aux autres des visées mercantiles ou d’apprenti sorcier.

Or, la dyslexie et les troubles complexes du langage écrit représentent certes un potentiel économique de masse, mais composé d’une multitude d’actes de soins peu rentables, et fragmenté entre différentes démarches thérapeutiques dont aucune ne semble devoir s’imposer.

Pour ces raisons, l’enjeu nous parait plus relever d’une lutte de pouvoir et de notoriété. Quelles que soient les querelles des uns et des autres, rappelons-nous que la parole reste en définitive toujours aux patients.

Qu’en pensez-vous ?

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