Dans un article du 20 octobre 2009, « La dyslexie a un nouveau traitement : la posturologie » paru sur le site Infobourg, il est question du traitement mis en œuvre chez Postura, une clinique de Saint Lambert au Québec.
Nous sommes très heureux de constater que nous ne sommes pas seuls ! Il existe naturellement d’autres thérapeutes français mettant en œuvre le traitement postural dans son application aux troubles d’apprentissages. Parisiens, nous ne prétendons nullement être les concepteurs, ni les seuls effecteurs de la méthode…de Lisbonne !
Pour autant, force est de constater que les professionnels de santé s’intéressant à la proprioception, à la posture et à leurs déficiences sont bien peu nombreux. Quant aux fondamentalistes, ils sont absents du débat malgré le travail de notre confrère le Dr Quercia avec l’INSERM et dans le DU de l’Université de Bourgogne.
Bravo donc, mais aussi attention aux retours de bâtons. Car les fâcheux sont, eux, fort nombreux. On peut comprendre le principe de précaution dans un domaine aussi sensible, la crainte des charlatans et le souci de protéger des parents désemparés d’un nième traitement « miracle ».
Néanmoins, la (notre) vérité oblige à répéter ce que nous constatons depuis plusieurs années en France :
- il n’y a pas deux enfants « Dys » identiques. Il ne peut donc y avoir de modèle de prise en charge universel. Le commentaire de l’internaute est tout à fait exact : il faut se garder de présenter le traitement postural comme miraculeux ;
- Il n’existe pas de consensus « scientifique » sur les traitements proposés. Si la rééducation orthophonique « jouit d’une forte présomption d’efficacité » (rapport INSERM, 2007), « elle n’a pas encore fait l’objet d’évaluation scientifique dans le traitement de la dyslexie » (idem).
- il subsiste un énorme décalage entre les avancées en matière de diagnostic et la pauvreté des prises en charges. Ce sont les parents eux-mêmes qui nous le disent !
Dès lors, pourquoi tirer sur les cliniciens hors normes sans même chercher à les rencontrer ? Enjeux financiers pour capter le « marché » français? Allons donc ! Les troubles d’apprentissages ne font appel à aucune chirurgie, appareillage, prothèse ou médicament rémunérateurs. Au contraire, ils nécessitent des consultations longues et faiblement cotées ainsi que de nombreuses réunions de concertation non rémunérées.
Batailles d’égos, souci de défendre des positions acquises, crainte de perdre des subventions de fonctionnement ? C’est possible. En attendant, les parents attendent d’hypothétiques prises en charge.
Souhaitons à nos cousins Québécois bonne chance. Nous observerons avec intérêt les réactions de la communauté médicale et scientifique canadienne face à cette initiative. Si un partenariat public-privé devait s’opérer sur place, c’est bien d’une myopie française dont nous nous souffririons et non d’un problème de dyslexie !
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