Le programme de recherche clinique

Synthèse de la pré-étude

Objectif : (1) Valider les rapports entre dyslexie et syndrome de déficience proprioceptive (S.D.P.) et (2) l’intérêt de sa prise en charge dans une structure médicale multidisciplinaire.

Méthodes : À l’issue de 4 mois d’un traitement proprioceptif, les dossiers de 320 patients atteints de dyslexie de développement et présentant des troubles proprioceptifs ont fait l’objet d’une étude statistique.

Le traitement consiste à réduire cette anomalie en agissant sur les muscles oculomoteurs par des lunettes prismées et sur les capteurs podaux par l’intermédiaire de semelles posturales personnalisées. Ces deux approches tendent à rétablir une cohérence des données proprioceptives de tout le corps et à faciliter l’équilibre tonique. Des exercices quotidiens réapprennent également au patient à mieux utiliser sa proprioception.

Un questionnaire est remis aux parents et aux enfants en consultation avant et après 4 mois de traitement. Les signes cliniques, physiques et cognitifs du syndrome de déficience proprioceptive ainsi que la vitesse de lecture sont alors comparés.

Résultats : sur les signes objectifs : augmentation moyenne de la vitesse de lecture de 35% (p < 0,001), une diminution de 65% des symptômes physiques du S.D.P. (p < 0,001), et une réduction de 36% des signes cognitifs (p < 0,001) après 4 mois de traitement.

Le tableau ci-après en résume les principaux résultats :

 Vitesse de lectureSignes PhysiquesSignes Cognitifs
Réponses279298298
Non réponses412222
Moyenne35%-65%-36%
Écart type199,521,6
Minimum-35%-100%-100%
Maximum230%0%0%
2515%-81%-52%
5028%-67%-28%
7545%-50%-14%

 

L’étude analyse également les signes subjectifs avec amélioration du comportement des enfants, de la concentration, de l’attention, de la mémorisation et de l’écriture.

L’évaluation des critères subjectifs porte sur 10 critères qui représentent les principales plaintes recueillies par nos patients et ceux de la littérature accompagnant la dyslexie de développement : calme (enfants souvent considérés comme hyperactifs), défaut d’attention, perte de joie de vivre (voire syndrome dépressif), anxiété qui s’y rattache le plus souvent, défaut de rapidité (voire extrême lenteur) dans le travail et les apprentissages, défaut d’efficacité, écriture désordonnée, défaut de concentration, difficultés de mémorisation, et habileté gestuelle très contrariée.

Trois niveaux de réponse sont proposés pour chaque item : amélioration, inchangé ou détérioration.

Sauf pour l’anxiété, on remarque pour la majorité des enfants une amélioration des symptômes subjectifs.

Pour plus de 60%, ils sont plus calmes, plus attentifs, plus concentrés. L’écriture est plus régulière.

La moitié des patients retrouve la joie de vivre, plus les garçons (54%) que les filles (42%).

Une majorité de patients améliorent également leur rapidité et leur efficacité au travail ainsi que leur capacité de mémorisation et leur habileté gestuelle.

Inversement avec 50% d’inchangé pour la joie de vivre et 49% d’amélioration et 59% d’inchangé pour l’anxiété et 41% d’amélioration. Ces deux items s’améliorent plutôt sans que cela ne concerne la majorité des patients.

Conclusion : cette étude confirme les rapports étroits entre ces troubles cognitifs, dont la dyslexie, et les anomalies connues sous le nom de « syndromes de déficience proprioceptive » (S.D.P.) et démontre l’intérêt de leur prise en charge.

Etude publiée en 2006.

Aggrandir la taille du texte

Réduire la taille du texte