Le programme de recherche clinique

Synthèse du mémoire ENSAE

  • Emilie CHAUTRU
  • Sarah HOESSLER
  • Caroline MASSON
  • Hélène NAUDON

MEMOIRE DE STATISTIQUE APPLIQUEE

Intérêt de la prise en charge du Syndrome de Déficience Proprioceptive dans le traitement de la dyslexie de développement

Étude préliminaire à 4 mois à propos de 314 cas

UNE METHODE GLOBALEMENT EFFICACE

Un traitement dispensé principalement à des enfants.
Cette étude statistique a été menée strictement sur les patients de Prodys, qui sont essentiellement des enfants âgés de 7 à 16 ans. Or le développement d’un enfant et ses capacités d’apprentissage sont très variables selon l’âge ; les années de primaire et de collège sont celles durant lesquelles les élèves progressent le plus d’une année sur l’autre et évoluent le plus rapidement en termes d’apprentissage, de croissance et de construction personnelle. Ainsi, des évolutions naturelles se couplent aux variations induites par le traitement du centre, tant sur l’équilibre physique des enfants que sur leurs aptitudes scolaires, ce qui rend l’étude de cette population assez délicate. Cependant, les résultats obtenus grâce aux outils statistiques sont encourageants, et mettent en exergue l’efficacité indéniable de la méthode Prodys.

Une large majorité des patients progresse en lecture.
L’une des principales méthodes utilisées pour repérer et mesurer le degré de dyslexie est l’évaluation de la vitesse de lecture. Or, en considérant les progrès que les patients du centre Prodys ont effectués dans ce domaine en quatre mois de traitement, il est à noter que seuls 6% des patients régressent par rapport à leur niveau initial. Une large majorité des personnes suivies par le centre réalise donc des progrès, et chacun lit en moyenne 33.6% de mots en plus par minute. Ces évolutions corroborent le phénomène classique qui indique que les plus jeunes ont de meilleures capacités d’assimilation et d’adaptation, puisque les enfants de 11 ans sont ceux qui progressent en moyenne le plus vite. En outre, la mise en oeuvre d’une régression pour quantifier l’influence des différentes composantes du traitement sur la vitesse de lecture permet de constater que le suivi des exercices prescrits par les spécialistes du centre a une influence positive sur cette dernière (il est toutefois à noter que ce résultat est à considérer avec précaution, la puissance de cette méthode statistique étant ici relativement faible). Il semble donc bien que la méthode Prodys permette de réduire la dyslexie.

Traiter le SDP permet bel et bien de soigner la dyslexie.
Afin de justifier médicalement les progrès ainsi constatés, une étude plus spécifique de la relation entre SDP et dyslexie a été menée. Les travaux menés par P.M.Gagey ont déjà démontré qu’il est possible de soigner la dyslexie par le biais du traitement du Syndrome de Déficience Proprioceptive. En revanche il s’est révélé judicieux d’observer plus avant les liens spécifiques entre le degré de gravité du SDP et la vitesse de lecture en considérant la nature des troubles dont souffrent les patients (le SDP peut s’exprimer par des biais physiques et cognitifs). Ainsi, via la réalisation d’une régression, on montre que la diminution des symptômes cognitifs du SDP affecte positivement la vitesse de lecture : un patient qui présente un trouble cognitif de moins après quatre mois de suivi du traitement lit en moyenne 3.5 mots de plus par minute qu’un individu qui ne présenterait pas d’améliorations au niveau du SDP. Par conséquent, en soignant cet aspect du SDP, le centre Prodys atténue donc bien le degré de dyslexie de ses patients. En revanche, traiter la dimension physique de ce syndrome semble ici ne pas avoir d’effet sur les aptitudes en lecture. Cela invite donc à soulever la question de la définition des méthodes de traitement prioritaires dans la prise en charge de la dyslexie ; il convient aux médecins d’y répondre.

Etude publiée en 2006.

Aggrandir la taille du texte

Réduire la taille du texte